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Management public : initier une éthique de la discussion

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Jean-Baptiste de Foucault est intervenu le 16 janvier 2007 sur le thème du défi culturel de la réforme de l'Etat dans le cadre du séminaire de recherche appliqué "Présidentielle 2007 : l'action publique à l'heure de vérité !" (Année Bac+5 - Option France).

Que demande-t-on aujourd'hui à l'Etat ? Pour Jean-Baptiste de Foucault, inspecteur général des finances, la réponse est du côté du sens et de l'efficacité de l'action publique.
"On demande à l'Etat (et donc au management public !) de produire des finalités correctes produisant de l'adhésion et que ces finalités collectives soient mises en oeuvre avec efficacité!". La question de la capacité à produire du sens est nouvelle pour nos démocraties. Le nouveau défi culturel de nos sociétés modernes est de créer du sens collectif avec des individus qui n'ont pas les mêmes codes, ni les mêmes conceptions du Bien ou du Juste. Et c'est à l'Etat, dans son acceptation la plus large, de relever ce défi.Un défi qui nécessite de travailler sur l'éthique de l'action publique et d'entretenir une certaine distance philosophique avec le pouvoir et ses attributs.

Dans ce contexte, le management public n'est pas un système «presse-bouton» qu'il serait facile d'activer pour produire du sens (et du bon sens) collectif. Le management public connaît en effet des mutations porfondes que Jean-Baptiste de Foucault cisconscrit au travers de quatre zones de complexité:

  • La difficile articulation entre les acteurs politiques et les agents publics; entre le management politique et le management public
  • La redéfinition du périmètre de l'intervention de l'Etat
  • La répartition des compétences entre l'Etat et les collectivités territoriales
  • L'existence d'une fonction publique en tant que corps autonome

Dès lors, comment impulser un changement, une réforme de l'Action publique ? Jean-Baptiste de Foucault analyse dans un premier temps le mobile, les conditions, la méthode et les effets du changement.

«Dans le secteur privé, le mobile, c'est l'intérêt. Dans le public, c'est l'intérêt général», affirme Jean-Baptiste de Foucault. «Cependant, dans le secteur public, l'intérêt tout court se répand». Jean-Baptiste de Foucault décèle là une déviance du secteur public qui doit ré-équilibrer le rapport qu'il entretient entre «intérêt» et «gratuité». La culture de la fonction publique doit demeurer dans cet équilibre pour ne pas sombre dans un «marché inter-administratif». La culture du public doit entretenir un lien particulier avec «l'obligation de donner» : c'est là son mobile !

Le changement doit aussi reposer sur une éthique de la discussion qui permet d'éviter les mots qui fâchent. «Il faut parler le bon patois mais aussi prendre le temps d'expliquer les réformes que l'on veut entreprendre», poursuit Jean-Baptiste de Foucault. Les dimensions sémantique et psychologique du changement sont essentielles à la réforme de l'Etat. La question du «temps» l'est tout autant. La décision publique doit se mäturer au travers d'espaces communicationnels afin de déjouer les procès d'intention et les malentendus. Le temps communicationnel permet de «rationaliser le consensus» et d'entrer dans le temps stratégique. Mettre en place un système de gouvernance efficace, c'est parvenir à créer un monde commun selon une éthique de la discussion.

Jean-Baptiste de Foucault tisse un lien indéfectible entre la volonté et la méthode. «C'est leur alliance qui permet d'aller vers la réforme bien que souvent, ceux qui ont la volonté, n'ont pas la méthode et inversement». Dès lors, la solution doit être recherchée du côté du «leadership», de la «cohérence» et de «l'organisation».

Le leadership implique un engagement et une prise de risque. il doit être incarné par une personnalité capable de s'engager dans un discours crédible et motivant. La cohérence ne va pas de soi surtout lorsque le décideur politique est préssé de satisfaire le plus grand nombre ! «Quand à l'organisation, elle se heurte dans le secteur public à la mauvaise régulation entre le politique et l'administratif.» Jean-Baptiste de Foucault dénonce à ce sujet le mode de recrutement discrétionnaire des directeurs d'administations centrales, souvent issus des cabinets ministériels.

«La fonction de l'Etat, c'est aider le sens à éclore et c'est une fonction nouvelle. L'Etat doit aujourd'hui produire des biens collectifs au moindre coût et simultanément, il faut admettre qu'il ne peut plus tout réguler." L'éclosion du sens face au couple Etatisme-individualisme, c'est ainsi que l'on peut résumer le défi de la rénovation de l'action publique. Pour y parvenir, Jean-Baptiste de Foucault fait appel à la vertu des Français.

Une vertu qui fait écho aux démonstrations d'Aristote. Que nous dit le philosophe ? Que Désirer l’excellence de la vertu, ce n’est pas poser une contrainte surhumaine, comme celle d’un devoir formel que nous nous imposerions, mais actualiser un principe qui est présent en nous. Les vertus se cultivent par une éducation de la volonté.

«Volonté», «éthique», «cohérence», «méthode», sans doute disposons-nous là les clès d'une gouvernance publique efficiente !

Laurence LEMOUZY

 

Repères bibliographiques :
" La révolution du temps choisi ", ouvrage collectif du Club Echange et Projets, Editions Albin Michel (1980).
" La fin du Social-Colbertisme ", Editions Belfond (1988).
" Une société en quête de sens ", Editions Odile Jacob (1995), en collaboration avec Denis Piveteau.
" La France en prospectives ", Editions Odile Jacob (1995), sous la direction de R. Fraisse et J-B. de Foucauld.

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